Finale de Somme 5 quilles National : Raynald Soyez facile vainqueur !
Raynald Soyez au dessus du lot !
La finale de Somme 5 quilles National s'est déroulée hier dans les locaux du club d'Abbeville. Voici les résultats sportifs :
1er Raynald Soyez (Abbeville)
2° Fabrice Dupont ( Abbeville)
3° Patrick Féron ( Amiens)
4° Didier Duroyon (Moreuil)
5° Tony Henry (Abbeville)
6° Hervé Delattre ( Moreuil)
Raynald Soyez et Fabrice Dupont sont qualifiés pour la finale de Picardie qui se déroulera dimanche prochain à La Fère (02). Souhaitons leur bonne chance pour cette ultime compétition de l'année dans la Ligue.
Voilà pour les résultats. Un peu sec sans doute. Oui c'est vrai mais la journée d'hier me laisse extrêmement perplexe et m'amène à me poser un certain nombre de questions.
Premier constat affligeant : la forme ! La finale jouée hier n'avait rien de ce que l'on peut attendre d'une finale départementale dans un mode de jeu qui ne comporte que deux catégories ! Si l'accueil reste sympathique et la bonne volonté évidente, le manque de moyen à fait cruellement défaut ! Peut-on encore accepter l'auto arbitrage dans une finale de ce type ? Peut-on demander au seul directeur de jeu-arbitre-marqueur-nettoyeur de billes-gentil organisateur du repas de midi... de tout faire ? Je ne crois pas. On touche là à un problème de forme mais qui ne pourra être résolu qu'en modifiant radicalement le fond.
Nous constatons tous les ans une baisse des effectifs globaux et malgré cela les championnats et compétitions diverses se multiplient (championnat par équipes jeux de série, trois bandes, coupe des provinces, interclubs, engagement divers dans presque toutes les disciplines et à tous les niveaux). L'effectif d'un club n'étant pas extensible à souhait, on est vite confronté à un problème insoluble : comment trouver arbitres, marqueurs en nombre suffisant quand la fin de saison est proche et que beaucoup de licenciés jouent ailleurs, sont fatigués ou ne veulent plus s'investir dans l'arbitrage ?
Face à cette situation, on continue de proposer un format de compétition long, pour ne pas dire interminable, qui n'est absolument pas en adéquation avec les moyens du club. La poule de six joueurs est une bonne idée, mais c'est une idée d'un autre âge ! Réunir en un lieu unique six personne pour les faire s'affronter sur une seule journée pendant plus de 11h00 tout en les faisant arbitrer, marquer et se morfondre en attendant les matchs n'a pas vraiment de sens !
Sincèrement, qui ressort gagnant de cela ? Surement pas le jeu qui ne tire rien de confrontations sans fin (certains matchs atteignant ou dépassant les 2h00 de jeu) au niveau incertain et fluctuant (il suffit pour cela d'observer l'état de fatigue avancé dans lequel les joueurs se sont vite retrouvés) , surement pas les spectateurs qui ne comprennnent rien à ce qui se déroule, surtout quand les tours de jeu sont décalés et que la lisibilité est faible voire nulle (mais pourquoi diable n'introduit-on pas une phase éliminatoire de type 1/2 finale et finale pour simplifier et renforcer l'attractivité pour les spectateurs ?) et surtout pas les joueurs qui ont plus l'impression de participer à une épreuve d'endurance qu'à une compétiton de billard. ! A quand la poule de 8 sur une seule journée en 5 sets gagnants ? Tout est possible. Il suffirait de convoquer les joueurs à 7 heures du matin. Connaissant les pratiques actuelles, rien ne me semble impossible ! Vivement l'année prochaine !
Pour améliorer la formule, en tout cas pour la raccourcir, pour la rendre plus attractive, pour éviter de classer les joueurs en fonction de leur capacité physique à résister à la fatigue et à la châleur, on pourrait organiser une finale dans un club qui s'investit plus et engage à ses côté une large équipe de marqueurs et d'arbitres. Pour les raisons évoqués ci-dessus, nous savons tous que cela ne sera jamais possible. On pourrait organiser la finale dans un club qui possède au moins 3 billards 3,10m. Nous savons tous également qu'aucun club dans la Somme n'en possède plus de deux ! Alors que faire ? On pourrait peut-être adapter la formule et modifier les distances pour éviter de courrir un marathon sous le soleil ? Tiens mais oui, pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?
Le comité est autonome et serein dans ses décisions. Il peut organiser comme il le souhaite et ajuster la formule en fonction des moyens humains et techniques dont il dispose. Alors pourquoi ne le fait-il pas ? Serait-ce à cause d'une certaine rigidité et d'une incapacité à anticiper les situations, ou d'un je-m'en-foutisme latent ? Sans doute un peu des deux mon général !
C'est une évidence, 3 sets gagnants de 60 points c'est beaucoup trop pour beaucoup de joueurs en phase éliminatoires (si l'on peut encore appeler cela ainsi puisque le nombre de tours de jeu se réduit chaque année), et c'est franchement beaucoup pour une majorité des joueurs présents à la finale de Somme !
Arrêtons le massacre ! Il faut revenir à des distances beaucoup plus raisonables et accessibles au plus grand nombre. Jouer 100 ou 120 points me semble déjà très bien. C'est d'ailleurs la formule de jeu retenue par la Fédération Suisse pour ses tournois internationnaux et la par Fédération Italienne pour ses tournois régionaux. Cela a deux avantages majeurs, l'un organisationnel, l'autre motivationnel :
1) On pourrait facilement plannifier les matchs et les tours de jeu puisque la durée moyenne d'un match en 100 points se situe autours de 45-50 minutes.
Ainsi, en programmant un tour toutes les 1h15 par exemple, ont pourrait :
a) apaiser les tension dues aux modifications arbitraires du réglement et éviter de donner au joueur le billard "qui se libère en premier", juste pour gagner du temps et faire que la compétiton ne s'éternise pas trop (et très franchement elle se serait vraiment éternisée si cela n'avait pas été fait).
Notons au passage que cette pratique, faite pour abréger la souffrance des joueurs, s'est avérée être un biais majeur, favorisant ou défavorisant fortement les joueurs qui s'attendaient à jouer sur un billard et devant finalement jouer sur un autre (biais renforcé par la différence abyssale entre les deux billards, l'un étant quasi neuf aux bandes rafaites, l'autre au bord de l'épuisement, les bandes devant être changées dans peu de temps).
b) permettre aux joueurs de bien mieux gérer leur temps d'attente en leur donnant, à l'avance, la programmation des matchs de la journée.
2) En réduisant les distances, on redonnerait enfin de l'intérêt au jeu lui même ! En introduisant plus de variance (les distances courtes contribuant à la réductions des écarts de niveau de jeu entre les participants), on reforcerait incontestablement le sentiment de pouvoir "créer l'exploit" à chaque match contre n'importe quel joueur.
Ces remarques m'amènent à poser un regard sur le fond, qu'il me semble falloir radicalement changer si l'on veut que le jeu ne disparaisse pas complètement dans les 3 ou 4 années qui viennent.
Dans une Ligue qui perd chaque année un nombre grandissant de joueurs et qui ne possède pas plus d'une dizaine de joueurs régulliers à ce mode de jeu (les soixante-dix autres inscrits jouant à peu près à tous les modes de jeu possibles) peut-on encore continuer à fonctionner comme nous le faisons actuellement, à savoir des éliminatoires (et quels éliminatoires !) par département ?
Sportivement, cela n'a pas beaucoup de sens car la Ligue est composée de comités dont le nombre de joueurs réguliers et le niveau de jeu est beaucoup trop hétérogène.
Sur les trois départements de la Ligue, l'Aisne est le dernier à avoir rejoins le train du 5 quilles. Le jeu ne semble pas susciter un intérêt majeur et les joueurs qui pratiquent le jeu sont peu nombreux et globalement "faibles". Cette année, pas de phase éliminatoire dans les deux catégories (mais pourquoi créer deux catégories quand tout le monde débute ?): inscription libre et finale directe ! Plus de dix inscrits en "régional" et quatre joueurs en "national" qui ont donc joués directement leur finale ! Bravo aux deux qualifiés ! Pas facile de se sortir d'un championnat pareil !
Dans l'Oise on compte une vingtaine de joueurs et 2 catégories de jeu. Le comité organise plusieurs tournois (4 ou 5, je ne sais plus) dans l'année qui réunissent les deux catégories (enfin un brassage de niveau !) et permet de qualifier 4 joueurs dans chacune des catégories pour les finales qui se jouent, comme les tournois en 2 sets gagnants de 50 points. Le niveau de jeu y est nettement supérieur (moyen à confirmé).
Dans la Somme on dénombre 40 joueurs réguliers et 2 catégories également, 3 tours de jeu éliminatoires dans chacune des catégories et deux finales distinctes à 6 joueurs . Le niveau de jeu y est incontestablement le plus élevé (confirmé à expert), les titres régionaux ayant été, jusqu'à présent, tous remportés par les joueurs de la Somme (sauf un).
Avec un mode de sélection qui doit avoir du sens lorsque les forces en présence s'équilibrent, la question de la représentativité et de la légitilité doit être posée. Comment ne pas remettre en cause une pseudo "sélection sportive" qui ne tient pas à minima compte du nombre de participants inscrit au 1er tour des phases éliminatoires dans chacun des comités ? Pourquoi continuer à qualifier 2 représentants par comité avec de telles disparités ? Au nom de quoi ? Du principe de répartition ? De qui se moque-t-on ? Cherche-t-on à tirer le jeu vers le haut, veut-on encourager les comités qui s'investissent ou cherche-ton à encourager une mixité départementale dans les finales de Ligues (et pourquoi pas une mixité sociale ou éthnique pendant qu'on y est) ?
Dans tous les autres sports, l'introduction d'un prorata est une évidence absolue. Dans le billard toujours pas ! Vous me direz que c'est assez équitable de qualifier 50% des inscrits dans un comité et 10% dans un autre, non ? Bien sûr que si puisque nous le faisons depuis des années maitenant, sans que cela n'inquiète personne ! Bel exemple d'abérration sportive !
Se pose également la question essentielle du niveau des joueurs et des moyens à mettre en oeuvre pour faire progresser tout le monde en tentant de réduire les écarts entre les comités. Comment faire progresser les joueurs de l'Aisne s'ils ne sont confrontés aux meilleux qu'une seule fois par an ? Comment faire pour organiser une finale de Ligue de haut niveau sans tomber dans un échantillonage départemental qui n'a aucun sens sportif ?
Il me semble grand temps de passer à autre chose : un championnat de Ligue organisé sur le principe de ce qui se fait ailleurs (Ligue du Centre, d'Ile de France ou du Nord par exemple) s'impose aujourd'hui !
Plannifions 4 à 5 tournois dans l'année, organisons les dans les 2 ou 3 plus gros clubs de la Ligue (Abbeville, Saint Quentin et Beauvais par exemple). Inscription libre. Tirage au sort le samedi matin (le samedi étant un bien meilleur jour que le dimanche si l'on souhaite attirer des jeunes et des spectateurs) avec répartition par poules de 3 ou 4 joueurs. Matchs en 100 points (pour éviter les lenteurs, plannifier correctement, renforcer l'intérêt du jeu et favoriser les surprises sportives), auto arbitrage dans les poules. Deux ou trois joueurs qualifiés (trois dans la poule de quatre) en fonction des capacités du club et du nombre d'inscrits pour la suite de la compétiton.
L'après midi, participation des 4 à 8 joueurs les plus forts de la Ligue (sur la base du ranking FFB, des finales de comités, de Ligues ou de France des quatre ou cinq saisons précédentes), puis recomposition de nouvelles poules de 3 ou 4 joueurs. Nouveaux matchs en 100 points avec qualification des 2 premiers. Au delà, reclassement des joueurs avant les phases éliminatoires directes en fin d'après midi. Fin du tournoi en soirée, classement et établissement d'un ranking de Ligue (possibilité d'introduction d'un bonus-malus en fonction de la performance sportive, pour favoriser la victoire d'un moins bien classé sur un mieux classé...).
A la fin du championnat, organisation (ou pas) d'une finale de Ligue dans chaque catégorie à n joueurs. Quelle que soit la formule des finales (poules de 4,5,6... double K.O.) 1/2 finale et finale OBLIGATOIRES (pour la lisibilité et l'intérêt du jeu). La distance de jeu étant ajustée en fonction de la formule de jeu et des moyens mis à disposition par le club (et pas l'inverse puisque cela ne fonctionne pas).
En repensant la compétition ainsi, il est probable que la ou les prochaines finales de Ligue organisées ainsi soient composées d'une très forte majorité de joueurs de la Somme, laissant de côté les habituels champions départementaux des comités les plus faibles. Et alors ? Rien de très grave car mis à part les frustrations personnelles qui vont inconstestablement engendrer des critiques, c'est le meilleur moyen de faire progresser tout le monde ! C'est aussi le seul moyen de redonner envie aux joueurs intermédiaires de se réinvestir dans le jeu sans être immédiatement confrontés aux plus forts (les meilleurs étant exclus des poules de qualification du matin), de donner envie aux clubs d'organiser un ou plusieurs ranking régionaux (accueillir 30 joueurs et plus est bien plus rentable et plus convivial que d'organiser une compétition avec trois joueurs fatigués), de redonner de l'intérêt aux phases éliminatoires, qui n'existent pas vraiment dans l'Aisne et qui n'ont absolument plus aucun intérêt dans la Somme aujourd'hui !
Voilà, c'est à peu près tout. Les responsables de la Ligue sont-ils prêts à aller dans ce sens ? Franchement, je n'en sais rien. J'en doute un peu. J'aimerai me tromper ! On verra bien !
En attendant les évolutions au niveau de la Ligue, le comité de la Somme se doit d'introduire une formule de jeu DIFFERENTE dès la rentrée prochaine. Ne pas le faire serait une faute grave ! Mais quelle que soit la forme, aller vers un ranking de tournois me semble une priorité absolue ! Faisons le avant que le jeu ne s'enlise définitivement !
Dernière chose, pour contre balancer les éventuels désistements des moins bien classés lors des derniers ranking régionaux (phase inévitable également constatée au niveau national chez les joueurs trop éloignés au classement pour pouvoir prétendre accéder à la finale de France Master ou aux barrages nationaux), organisons une COUPE de la LIGUE (au 5 quilles ou à la Goriziana) sur le même modèle que la coupe de France de snooker (qui joue parfaitement son rôle depuis sa mise en place).
Inscription libre, payante ou pas (ma préférence allant pour l'inscription payante à 15 ou 20 euros de façon à constituer la base des primes reversées aux joueurs), pas de tête de série, tirage au sort intégral, match en 100 points (200 à 300 points à la Goriziana), élimination directe, auto-arbitrage et pour augmenter encore un peu la part de chance, retirage (ou pas) à chaque tour de jeu.
La formule (tirage au sort et match de courte distance est fortement plébiscitée par les joueurs débutants à intermédiaires. Elle déplait souvent aux joueurs confirmés, tant mieux car elle faite pour créer de grosses surprises !
Voilà deux axes majeurs d'amélioration. Merci de faire avancer le sujet en me faisant part de vos remarques avant que le jeu ne retombe dans l'oubli !